LE DEPART DE PIERRE BUYOYA :
de confusion à confusion


On aura tout vu ! On aura tout entendu !

Lorsqu'il présentait ses vœux aux corps constitués, le Major Président promettait de partir s'il y avait consensus des Burundais.

Première confusion aussitôt relayée en Europe par son haut parleur sénateur en chef.

Consensus sur BUYOYA ?

Les Burundais se sont déjà exprimés la-dessus : " Nous ne voulons pas de vous " , ont-ils dit très poliment, humblement et sur sa demande en 1993.

Récemment encore, la majorité des partis politiques lui ont dit la même chose. Mais il est là, cherchant encore un consensus sur lui, et rêvant d'organiser les élections en vue dans moins de 24 mois. Oubliant que s'il est là c'est grâce à son nième coup d'Etat, aux supplications du médiateur et du top ten.
C'est fini maintenant, la constitution, consensuelle celle-là, est claire et explicite sur le départ de BUYOYA, au plus tard le 1er Mai 2003. Voilà où se trouve le consensus puisqu'on discute consensus. Même la question de sa pension présidentielle ne se pose pas.

Cela il l'a compris et il vient de quitter la théorie du consensus des Burundais. Il vient d'inventer une deuxième et pas dernière amalgame : la question, dit-il, sera analysée par mon Gouvernement, l'Assemblée Nationale et mon Sénat qui lui trouveront une réponse satisfaisante.

Deuxième amalgame que ses perroquets ont commencé à répéter avant qu'il ne la profère. On étudiera cette problématique au Congrès Assemblée-Sénat, ont- ils commencé à dire.

Il va donc lui-même voir qui doit le faire (ababikora), quand il va le faire (igihe bazobikora) et comment cela va se faire (ingene bizokorwa).

FAUX.

La Constitution est bien claire à ces sujets. Passés des dix huit premiers mois, son mandat aura expiré et il ne sera plus Président. De plein droit.
Le Vice-Président sera aussi de plein droit le nouveau Président.

Il n'aura plus qu'à prêter serment devant les véritables " ababikora " (l'Assemblée Nationale), serment qui sera reçu par la Cour Constitutionnelle. Si d'aventure " ababikora " n'étaient pas là, le major ne restera pas pour autant Président et bonjour le vide institutionnel : il y aura un nouveau Président qui néanmoins ne pourra pas exercer ses fonctions et un fauteuil de Vice-Président vide. Qui dans ce cas prendront les intérims respectifs et jusque quand ? Allez consulter les écritures, les démocrates et les putschistes de carrière.

Faux disions-nous tout à l'heure, car comme on vient de le voir à travers le contenu de la Constitution, l'alternance n'est du ressort ni du Gouvernement, ni du Sénat. Toute prestation de ces institutions en la matière serait anti-constitutionnelle et on tapera sur les doits s'il le faut. Nous les voyons venir. Peut-on autoriser un Chef d'Etat à contrarier la Constitution chaque semaine ?
Quid s'il persiste et signe ? On aura tout vu.

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