N° 0004

Burundi-Alternance (encore 43 jours)
P.A (Puissance d'Auto défense) AMASEKANYA, sur un piédestal

Bujumbura, 19 mars 2003. Le Président de PA AMASEKANYA, l'ingénieur Diomède RUTAMUCERO et son organisation ont été très souvent empêchés de faire une quelconque manifestation. On est allé jusqu'à leur interdire le sport collectif. C'est ainsi que tous les week-end le pouvoir déployait un dispositif impressionnant de gendarmes à cette fin.

Cependant aujourd'hui force est de constater qu'avec la fièvre de l'alternance au 1er mai 2003, ce mouvement est toléré. C'est ainsi que depuis deux semaines, le dispositif militaire susmentionné n'est plus de mise les
week-ends, ce qui a permis aux intéressés de parcourir toute la ville, surtout du côté de KININDO, gourdins à la main en scandant des slogans qui tranchent avec " la perspective de paix " que promet l'Honorable KADEGE Alphonse.

Il sied de rappeler que le 09 mars 2003 P.A. AMASEKANYA avait été autorisé tacitement d'aller perturber un Congrès du CNDD de Léonard NYANGOMA qui se déroulait dans les enceintes de l'OCIBU. Les militaires Sud Africains qui gardent un grand nombre de dignitaires de ce mouvement ont failli ouvrir le feu sur les troubles fête.
Du balcon, quand on a réalisé que la situation allait dégénérer, on a dépêché une intervention des forces de l'ordre. Mais les agresseurs avaient déjà déchiré le drapeau du CNDD. A côté de cet incident, rappelons que la même organisation a marché et manifesté il y a plusieurs semaines devant la Représentation de l'Union Européenne à Bujumbura. Une première ! Ils ont reçu cette autorisation implicite pour protester contre le ravitaillement du CNDD-FDD de Pierre NKURUNZIZA par le G.T.Z.

Tout compte fait, un observateur avisé réalise qu'un relâchement a été ordonné afin de permettre l'organisation de RUTAMUCERO, hier interdit, de se mouvoir aisément. C'est dans cette logique que quelques membres d'un parti politique qu'il est inutile de nommer tentent de réunir les jeunes dans la Mairie de BUJUMBURA afin qu'il contribuent à la marche pour le statu quo au 1er mai 2003. Dans cette perspective on espère créer le chaos ou le climat qui a justifié le coup d'Etat du 25 juillet 1996. Rappelons que ce jour là, le Major BUYOYA renversait le Président Sylvestre NTIBANTUNGANYA.

Vont-ils réussir cette fois-ci ? Tout porte à croire que c'est un combat perdu d'avance.