AUBE-FLASH

N° 0001

BURUNDI- Liberté de la presse

Le Président BUYOYA interdit aux journalistes de traiter la question de l'alternance du 1er mai 2003 et de tendre le micro au CNDD-FDD de Pierre NKURUNZIZA.


BUJUMBURA, 5 MARS 2003. Le Président BUYOYA a réuni ce mardi 4 mars 2003 à la présidence de la république des représentants des 3 radio indépendantes et de la Radio Télévision Nationale. Etaient aussi présents le Ministre de la Communication et porte-parole du Gouvernement, l'Ambassadeur Albert MBONERANE, le Président du Conseil National de la Communication, Monsieur MANDA Jean Pierre ainsi que le Conseiller Principal du Président de la République en charge de la presse et de la communication.

L'objet de la réunion qui aura duré 3 heures (de 18 h10 à 20 h50') était pour le Président BUYOYA d'interdire à la presse, surtout parlée, de traiter la question de l'alternance du 1er mai 2003. Dans sa sévère mise en garde il a précisé que seuls des politiciens avisés pouvaient être invités à s'exprimer sur la question. Cependant le Major BUYOYA n'a pas pu donner la liste de cette crème blanche des privilégiés.

La seconde question concerne l'interdiction formelle de tendre le micro à un membre du CNDD-FDD de Pierre NKURUNZIZA.
En substance le chef de l'Etat a ajouté qu'il est même strictement interdit de citer ou de paraphraser les propos émanant de ce mouvement pourtant signataire de l'Accord de cessez-le-feu du 02 décembre 2002.

A la question d'un journaliste de savoir s'il n'avait pas peur d'ouvrir un front en même temps contre le FRODEBU et le CNDD-FDD, le Président BUYOYA a répondu qu'il y a des moments où on doit avoir peur si on a un cœur, l'expression il l'a dite en KIRUNDI, " Hariho igihe umuntu ategerezwa kugira ubwoba, iyo atabugize nta mutima aba afise ".

Au bout de cette réunion on a relevé 3 anomalies :

- Le Président BUYOYA n'a pas consulté son co-gestionnaire,
le Vice-Président, Monsieur Domitien NDAYIZEYE. Ce dernier a au moins le droit de s'exprimer sur le traitement de la question de l'alternance puisqu'il est son successeur désigné.

- Pourquoi le Président n'a pas confié la mission à son Ministre de la Communication ? Parce que la question est personnelle.
Et le Président a tenu à préciser que la décision a été prise par lui et lui seul. Mais le paradoxe est qu'il est allé jusqu'à empêcher les journalistes présents à ne pas révéler que c'est lui-même qui a imposé ces nouvelles dispositions.

- Il a pris l'option de donner les ordres personnellement. Cependant il ne les a donnés qu'à quatre stations de radio. Qui répercutera l'ordre à d'autres médiums absents hier soir ? Apparemment tout porte à croire que sur cette question le Président BUYOYA n'a confiance qu'aux seuls hommes de son camp ; s'il commence par écarter le Vice-Président de la République sur une question aussi sensible, va-t-il risquer de confier la répercussion du message au Ministre de la communication ? Ce dernier croit-il à cette nouvelle orientation ?

En tout état de cause la liberté de la presse va connaître une rude épreuve ; aussi à cette allure la structure et le fonctionnement des institutions du 1 novembre 2001 risquent de tomber dans un bicéphalisme douloureux pour le peuple burundais.

BURUNDI-Alternance du 01er mai 2003


Le Président de l'initiative régionale sur le Burundi recommande le respect du calendrier du 01 mai 2003.

Bujumbura, 5 mars 2003, du 01 au 02 mars 2003 s'est tenu à Dar-ES-Salaam un mini-sommet sur le processus inter-burundais. Les points inscrits à l'Agenda concernaient essentiellement les points restés en suspens au chapitre du cessez-le-feu. Cependant, la question de l'alternance était au menu de toutes les consultations. Le Chef de l'Etat Burundais de retour à Bujumbura a omis de parler de la question aux journalistes. Et pourtant, le Président Ougandais, en même temps Président de l'initiative régionale sur le Burundi lui a donné une réponse claire à ce sujet :
Le 1er mai il doit remettre le tablier et céder la place à Monsieur NDAYIZEYE Domitien conformément au calendrier convenu le 23 juillet 2001. Dans la langue de Shakespeare il a dit très succintement : "… it should be assumed that President BUYOYA is handing over according to schedule, on MAY 1".

A la fin du mini-sommet, le Président de l'Assemblée Nationale, l'Honorable Dr Jean MINANI, a prolongé son séjour à Dar-Es-Salaam de 48 heures. Pendant tout ce temps, il a eu à s'entretenir longuement avec les hautes autorités tanzaniennes sur la question susmentionnée ainsi que sur d'autres ponts chauds intéressants le processus de paix inter-burundais. Il vient de rentrer aujourd'hui à 12h30'.