Burundi/Logement
Le retrait des parcelles aux attributaires
par le Ministère des Travaux Publics et de l'Equipement
remis en question.
La question des parcelles des quartiers CARAMA, GASEKEBUYE
et KANYOSHA IV octroyées au mois d'avril 2003 aux cadres
et agents de l'Etat au titre de construction d'un premier
logement et retirées après par le Ministre des
Travaux Publics et de l'Equipement au début du mois
d'octobre à ceux qui ne s'étaient pas acquittés
des frais de viabilisation vient d'être remise en doute,
a-t-on appris de source officielle. Selon une source digne
de foi, ce dossier a été confié à
une commission interministérielle composée des
représentants des Ministères de l'Education,
de la Défense, des Travaux Publics et de l'Equipement,
de l'Agriculture ainsi que de la Vice-Présidence, pour
ne citer que ceux-là ; en vue d'étudier et planifier
la question.
En effet, ce qui a mis le feu aux poudres, ce sont les enseignants
auxquels on avait donné 160 parcelles en Mairie de
Bujumbura mais auxquels le Ministre des Travaux Publics et
de l'Equipement venait de les retirer faute de paiement des
frais de viabilisation dans les délais requis. Pour
les enseignants, cette mesure prise à leur encontre
est injuste d'autant plus que dans la convention signée
avec le Gouvernement en 2002, ce dernier avait promis de constituer
un compte dénommé " Fonds logement "
ouvert à la BRB (Banque de la République du
Burundi) et e l'alimenter à concurrence de 200 millions
de francs burundais chaque année, quitte à servir
notamment au paiement des frais de viabilisation. Malheureusement,
le Ministère des Finances n'a pas jusqu'ici provisionné
le compte en question. C'est le 1er Octobre 2003, le Ministre
des Travaux Publics et de l'Equipement dans sa lettre adressée
à son collègue de l'Education a indiqué
qu'il sera dans l'obligation de retirer ces parcelles aux
enseignants, lettre à laquelle le Ministre de l'Education
répondit en demandant plutôt à son collègue
des Travaux Publics de surseoir à cette mesure. Les
enseignants, après avoir eu écho de cette triste
nouvelle, menacèrent d'entamer un mouvement de grève
à durée illimitée jusqu'à ce qu'une
solution soit trouvée.
Dans l'entre-temps, dans un point de presse organisé
au courant de ce mois d'octobre, le Vice-Président
de la République a rassuré aux enseignants que
le Gouvernement allait tout faire pour alimenter le compte
" Fond logement " en 2004 sans toutefois préciser
si les parcelles retirées allaient leur être
remises.
Pour les enseignants, l'affaire devient un imbroglio. Le
09 octobre 2003, le Vice-Président de la République
a rencontré les représentants des Ministères
de l'Education, des mouvements syndicaux des enseignants et
du Ministère des Travaux PUblics pour les informer
qu'une commission interministérielle a été
mise sur pied pour approfondir la question aussi bien pour
les enseignants que pour les autres fonctionnaires acquéreurs
des parcelles dont les conclusions seront portées à
la connaissance du public le moment venu.
Quant aux enseignants de l'intérieur du pays, il revient
aux Gouverneurs de Provinces de régler ce problème
car ils en ont les prérogatives, avait déclaré
le Ministre de l'Education à l'occasion de l'ouverture
de l'année-scolaire 2003-2004 en province de BUBANZA
(Nord-Ouest). Rappelons que des mouvements de grève
se sont observés chez les enseignants des Provinces
RUYIGI et BUBANZA ( Commune GIHANGA) pour s'insurger contre
l'autorité provinciale qui n'a pas mise en application
l'instruction du Ministre de l'Education au courant de ce
mois d'octobre.