BURUNDI-JUSTICE
Le Vice-Président réagit
à la grève des magistrats
La décision du syndicat des magistrats SYMABU de maintenir
l'arrêt de travail amène le Vice-Président
de la République Alphonse KADEGE à en appeler
à leur responsabilité pour sauver ce qui peut
l'être encore.
Le Vice-Président de la République affirme que
le Gouvernement n'a rien ménagé pour les amener
au compromis mais sans succès. La quasi totalité
de leurs sujets de préoccupation semble avoir trouvé
des solutions, sauf celui lié à l'augmentation
des salaires. Cette question ne saurait de solution dans le
contexte socio-économique du moment. Le Gouvernement
ne peut pas être tenu responsable de ne pas accomplir
aujourd'hui ce qu'il ne peut pas, a martelé Alphonse
KADEGE. Il estime en outre que le pays compte des centaines
de milliers de déplacés et d'élèves
indigents qui sont dans une situation plus déplorable
que celle des magistrats. S'agissant de la place du pouvoir
judiciaire par rapport aux autres pouvoirs, il estime qu'il
doit être indépendant. C'est un acquis consacré
par la Constitution.
Reste à déterminer les contours et les modalités
d'application. Mais sur cette question et bien d'autres, on
s'est fixé de tenir des Etats Généraux.
Une commission mixte (Gouvernement-Magistrats) va s'atteler
à cette question avec un mandat gratuit et les résultats
de ses travaux serviront de document de base pendant les Etats
Généraux de la magistrature. Mais les magistrats
persistent et signent malgré tout. En dépit
de toutes les tentatives de dialogue initiées par le
Gouvernement ; que ce soit la Présidence, la
Vice-Présidence ou le Ministre de la Justice, rien
ne semble leur faire entendre raison. Le Gouvernement se dit
consterné, après leur décision unilatérale
de reconduire l'arrêt de travail qu'ils ont décidé
il y a 37 jours. Dans un pays au fort taux de criminalité
comme le Burundi, ce n'est pas normal que les magistrats décident
de tout plaquer.