Le
gouvernement et le CNDD pavoisent pendant que le FNL/Palipehutu
aiguise l'épée.
L'encre
de la signature de l'accord de cessez-le-feu aura à
peine séché que le Front National de Libération
redit son principe de ne négocier qu'avec les tutsi,
hauts responsables politiques et militaires. Aujourd'hui,
les analystes estiment les FNL à près de 2.000
combattants disséminés aux alentours de la
ville de Bujumbura. Ses armes lui viennent de la République
Démocratique du Congo et les moyens pécuniaires
lui arrivent soit des cotisations de la diaspora, soit de
la quête des militants auprès de la population.
C'est désormais officiel, on doit cotiser chez les
FNL si on veut accéder aux champs, à sa source
ou si on veut exercer toute autre activité lucrative.
Dans un passé encore immédiat, le FNL était
techniquement appuyé par les CNDD/FDDD, mais même
sans le concours des FDD, il a déjà montré
que sa capacité de nuisance est intacte. Seulement,
voilà sa véritable efficacité dépendra
du degré d'application des accords de paix déjà
signés. En cas de constitution de nouvelles forces
de défense nationales et de mise en application effective
de l'accord, l'étau ne manquera pas de se resserrer
autour des FNL. Un ultimatum leur a déjà été
lancé à Dar-es-Salam pour les forcer à
négocier en déans trois mois. Mais le mouvement
le balaie d'un revers de la main, considérant que
seule une réconciliation entre HUTU et Tutsi sera
valable après des négociations entre ces deux
communautés qui se sont nui par le passé.
Mais le mouvement vient de nuancer ses propos, en ajoutant
que si les Nations-unies ou plutôt le Conseil de Sécurité
organisaient ces négociations, le FNL y participerait.
A entendre les propos du Palipehutu-FNL , on croirait que
les HUTU du G7 seraient devenus TUTSI ou que les TUTSI du
G10 ou de l'Armée gouvernementale qui participent
habituellement aux négociations sont de faux TUTSI
. C'est vraiment utopique .