Grogne des enseignants
à l'occasion de la journée mondiale de l'enseignant
La journée mondiale dédiée à
l'enseignant et célébrée le 05 octobre
de chaque année ne l'a pas été en grande
pompe au Burundi où les enseignants font face à
de sérieux problèmes.
Selon les responsables des syndicats des enseignants tant
du Primaire que du Secondaire, leurs conditions de travail
laissent toujours à désirer. D'après
les syndicalistes, les promesses leur faites par le Gouvernement
et reprises dans un accord signé en 2002, n'ont pas
été toutes honorées ou alors l'ont été
partiellement. C'est notamment le cas du déblocage
des arriérés où la régularisation
pécuniaire qui concernant 8674 enseignants n'a jusqu'à
présent touché que 7799 personnes depuis le
mois de mai 2002. 1875 enseignants ne sont pas encore régularisés
et beaucoup d'irrégularités se sont observées
pour la plupart de ceux qui ont été régularisés.
A ce sujet, le Ministère de la Fonction Publique explique
que cette défaillance a été due par le
fait que c'est le seul Centre National d'Informatique (CNI)
qui s'occupe de cette opération avec seulement deux
programmeurs.
Cependant, a reconnu. Le Ministre de la fonction publique,
il vaut mieux aller lentement mais sûrement avec plus
de transparence dans le traitement des dossiers auquel on
a dû associer les représentants des syndicalistes.
Les enseignants déplore également le retard
mis dans la régularisation administrative. Pour cette
inquiétude, le Ministre de le Fonction Publique rassure
qu'elle sera bientôt levée, de même que
les annales qu'on compte régulariser d'ici à
la fin du mois d'octobre 2002.
Les enseignants déplorent aussi les 160 parcelles
dont les enseignants oeuvrant en Mairie de Bujumbura avaient
dernièrement bénéficié mais qui
viennent de leur être retirées par le Ministère
des Travaux Publics et de l'équipement, faute de non
paiement des frais de viabilisation dans les délais
requis. Le Ministre des travaux publics et de l'équipement
l'a signalé à son homologue de l'éducation
dans une lettre datée du 1er octobre 2003. Pour les
syndicalistes, il est surprenant de voir le Ministre des Travaux
Publics agir de la sorte, alors que dans la convention signée
entre le Gouvernement et les représentants des enseignants,
il est stipulé la création par le Gouvernement
d'un " Fonds logement " qui leur permettrait d'y
contracter un crédit destiné notamment à
acquérir le premier logement quitte à rembourser
le crédit petit à petit, sans intérêt,
car, a-t-on constaté, les Banques locales pratiquent
des taux d'intérêts très élevés.
Le Ministre des Travaux Publics et de l'Equipement affirme
ne pas être au courant de l'approvisionnement de ce
compte en précisant qu'en retirant les parcelles aux
fonctionnaires, il n'y a pas eu de sélection, par contre
que cette mesure a touché tout fonctionnaire, enseignant
ou non, qui ne s'est pas acquitté des frais de viabilisation.
Les syndicats reconnaissent néanmoins que certaines
revendications ont été acceptées et mises
en application, en l'occurrence les gratifications scolaires.
Pour plus d'un observateur, cette question des enseignants
est à ne pas négliger, au risque de prendre
une tournure défavorable aussi bien pour les élèves
que pour les parents, certains prévoyant même
la reprise de la grève des enseignants, si l'Etat n'y
prend pas garde.