RETABLIR LA CONFIANCE ET SE TOURNER VERS L'AVENIR
Depuis la soirée du 28 mars 2003, quand le Président
BUYOYA a annoncé dans son message à la nation
que l'alternance prévue le 1er mai 2003 par la Constitution
de Transition aura bel et bien lieu, l'espoir et le soulagement
étaient manifestes dans toute la population burundaise,
qui commençait à s'inquiéter très
sérieusement du risque de pourrissement de la situation
politico-sécuritaire.
Le soupir de soulagement poussé par la quasi totalité
de la classe politique burundaise était plus que perceptible.
Les burundais sont très contents du pas qui vient
d'être franchi, lequel pas donne un prélude au
rétablissement de la confiance.
Rétablir la confiance et se tourner vers l'avenir,
telle doit être la démarche actuelle de tous
les protagonistes politiques burundais, particulièrement
les signataires de l'Accord d'Arusha pour la Paix et la Réconciliation
signé le
28 août 2000 et les différents accords de cessez-le-feu
signés respectivement au mois d'octobre et décembre
2002.
Se faire confiance et se tourner vers l'avenir concerne particulièrement
le FRODEBU et ses Partis amis du G7 qui l'ont toujours soupçonné
à tort de faire cavalier seul et de ne pas tenir compte
des intérêts du groupe.
Les Partis du G7 qui ont déjà manifesté
plus d'une fois leurs intentions de s'éloigner du FRODEBU
devraient accepter de collaborer de nouveau avec lui en vue
de sauvegarder la coalition du G7 et répartir sur de
nouvelles bases.
Un diplomate accrédité à Bujumbura ne
disait-il pas que certains partis du G7 se comportent comme
de nouvelles satellites de l'UPRONA et qu'ils courent de grands
risques de voir leur base glisser vers le FRODEBU.
Aujourd'hui plus que jamais , la confiance entre les partis
du G7 et du G10 est très nécessaire pour pouvoir
aller de l'avant. Le G7 ayant déjà fourni son
Futur Président de la République, celui-ci aura
pour collaborateur un Vice-Président provenant du G10.
Bien que le fait de faire signer encore au Vice-Président
de la République et au Futur Président de la
République 12 engagements (lire
les 12 engagements pris par le Président et le Vice-président
de la République pour la conduite de la 2ème
Tranche de Transition ) qui peuvent paraître aux
yeux de la Communauté Internationale et de la classe
politique burundaise comme un signe de manque de confiance,
il faudrait espérer qu'un climat de confiance se rétablisse
vite pour permettre au futur Président de la République
de travailler à l'aise sans une sensation d'avoir des
mains liées : la concertation doit être le maître
mot qui devra guider la collaboration entre les futurs Président
et Vice-Président de la République.
Se faire confiance et se tourner vers l'avenir sera enfin
indispensable entre les mouvements armés en particulier
le CNDD-FDD de Pierre NKURUNZIZA et le prochain Gouvernement,
car celui-ci est appelé à résoudre très
prochainement les questions du ravitaillement, du cantonnement,
de l'intégration des rebelles dans les forces de défense
et de sécurité ainsi que dans les Institutions
de Transition, du désarmement, de la démobilisation
et de la réinsertion dans la vie socio-professionnelle
des éléments démobilisés.
L'Application des Accords de Cessez-le-feu ne posera pas de
problèmes si les signataires se font confiance et mettent
en avant les intérêts des Burundais.
En conclusion , rétablir la confiance entre tous les
protagonistes politiques burundais devient indispensable aujourd'hui
pour remettre le Burundi sur les rails de la démocratisation,
du développement et de la paix.