Le
projet de loi portant création, mission, organisation
et fonctionnement de la Cour des Comptes voté
à
plus de 96%.
Le
projet de loi portant création, mission, organisation
et fonctionnement de la Cour des Comptes a été
voté mercredi par l'Assemblée Nationale de
Transition à plus de 96% des voix. En effet, sur
139 parlementaires présents, 134 ont voté
pour, 1 a voté contre et 4 se sont abstenus.
Pour
le Parti Sahwanya-FRODEBU, le vote de cet instrument juridique
vient à point nommé et constitue un espoir
pour tous les Burundais de voir les malversations économiques
et financières, devenus monnaie courante ces dernières
années, diminuer, si pas finir pour de bon.
La
Cour des Comptes n'est pas une nouvelle création
au Burundi. Chaque fois qu'elle a été créée
depuis la première initiative qui date du 31 janvier
1989 passant par son abrogation le 22 juillet 1996, la Cour
des Comptes est toujours partie sur la pointe des pieds
jusqu'à ce que l'Accord d'Arusha pour la Paix et
la Réconciliation au Burundi de 2000 la réhabilita
dans le souci de répondre aux préoccupations
des négociateurs de bonne gestion de l'Etat. L'opportunité
de la Cour des Comptes est fondée d'autant plus que
la Constitution de Transition en son article 130 consacre
sa création tandis que même les bailleurs de
fonds exigent la création de la Cour des Comptes
afin de débloquer divers crédits pour se rassurer
de leur bonne utilisation.
La
nouvelle Cour des Comptes n'est pas une juridiction pénale,
c'est un instrument mis à la disposition de l'Assemblée
Nationale pour l'épauler à examiner la sincérité
et la régularité des comptes des services
publics jusqu'au niveau des communes.
A
la différence de l'inspection générale
des finances qui est interne de l'Exécutif, la Cour
des Comptes est une institution judiciaire moderne et indépendante
non seulement des pouvoirs Exécutif et Législatif,
mais aussi des juridictions de droit commun. Quant à
son organisation, la Cour des Comptes aura :
A. trois chambres permanentes :
1.
La Chambre des affaires budgétaires et financières
2. La Chambre des affaires administratives
3. La Chambre de vérification des comptes et de contrôle
de gestion des entreprises publiques .
B. deux chambres non permanentes :
1.La
Chambre de discipline financière ,
2. La Chambre d'Appel
Elle aura comme magistrats le Président et le Vice-Président
de la Cour, les Présidents des chambres, les Chefs
de Sections et les Conseillers de la Cour.
Elle sera également dotée d'un ministère
public dirigé par un Commissaire du Droit (Procureur
) et d 'Un adjoint.
En
1998, le rapport de l'inspection générale
de finances chiffrait à plus de 7 milliards de francs
burundais le manque à gagner que les malversations
économiques et financières avaient causé
au trésor public, rappelle-t-on.