Le
Café en chute libre au nord du pays.
L'engouement
de la caféïculture s'émousse au nord
du Burundi.
Les provinces de KIRUNDO, MUYINGA et NGOZI ne s'en cachent
plus.
La population se dit démotivée par les prix
ridiculement bas pratiqués depuis près de
quatre ans pour le produit naguère adulé.
Certains paysans auraient déjà arraché
volontairement près du 1/3 des caféiers pour
les remplacer avec les cultures vivrières visiblement
plus utilitaires.
La population aujourd'hui désintéressée
se dit roulée dans la farine jusque dans les usines
où non seulement leur produit est bradé (400Fbu
par kilo) mais aussi subitement sous pesé. Un caféïculteur
anonyme de KIRIMIRO nous affirme qu'en vendant 50kg on ne
lui note que 40kg dans le meilleur des cas. Du vol organisé
pour tout dire. Cette situation catastrophique est reconnue
par certains responsables du ministère de l'agriculture.
Ils estiment cependant que la population devrait vite retrouver
son engouement pour le café, dans la mesure où
les démarches sont en cours pour pouvoir dénicher
un meilleur marché qui conditionne la majoration
du prix. Parallèlement, on sensibilise les Caféïculteurs
pour qu'ils puissent s'organiser en association afin de
pouvoir bénéficier d'engrais chimiques sous
forme de prêt. L'engouement pour le café se
dissipe aussi d'après les mêmes responsables,
parce que la population n'est plus aussi sensibilisée
qu'avant. Et les maladies diverses dont l'onchocercose profitent
de la brèche ouverte pour empirer la situation. On
essaie aujourd'hui d'en venir au bout pour réhabiliter
le caféier.